Olivier monte sur scène et se bat comme si il y jouait sa vie entière. Il est prêt, volumineux, équilibré, symétrique, dense, ligné, élégant, fluide, toujours doté de cette classe inimitable, en un seul mot, il est beau et représente à merveille la définition du bodybuilding moderne.
Mais nous sommes en Angleterre, et les anglais ont la réputation d’être plutôt chauvin. Il se fait littéralement voler le titre par Andy Raynes, qui représente exactement ce qui fait la mauvaise image de notre sport. Enormément de masse musculaire, des proportions abominables, aucune définition ou séparations musculaires sans compter un comportement agressif sur scène loin du fameux fairplay so british !
Olivier, par dégout, à l’annonce du résultat, craque et quitte la scène, sans attendre son trophée. Et il n’est pas le seul, Steve Reeves faisant de même, considérant ce que le bodybuilding est devenu en couronnant ce type de physique a l’opposé de ce qu’il représentait à l’époque.
Il est à deux doigts de tout laisser tomber, mais avec le recul, il se sert de cet échec et de sa colère pour avancer et progresser encore plus. C’est une résilience en quelque sorte… Il reviendra en 99 pour une dernière charge, dans la meilleure forme de sa vie, mais cela ne suffira pas.
Il part avec un gros handicap… Il a quitté la scène l’année précédente, et les anglais vont lui présenter la facture sans vraiment le lui montrer. Pour couronner le tout, cette année-là, pas moins de 10 champions du monde et Mr Univers se retrouvent dans cette catégorie classe 4 qui sera de l’histoire de la NABBA, l’année la plus relevée en termes de niveau.
Olivier fini 5ème, alors qu’Andy RAYNES reprend une nouvelle fois le titre avec un physique plus affuté et plus fini. C’est sans aucun regrets qu’il raccroche les gants et met fin à sa carrière après ce dernier baroud d’honneur…De sa carrière, je retiendrais 2 choses :
la première, sa constance, son sérieux, son investissement total à chaque fois qu’il le fallait mais surtout sa grande intelligence dans la quête de ses objectifs.
La seconde, c’est cette classe innée qui a fait de lui, et je pèse mes mots, LE plus grand poseur que l’on ait eu en France… Alors que les autres font le show, dansent, breakent, se parent d’accessoires pour pallier à leur vide artistique, lui se pose et pose avec une élégance et une classe non feinte.
Pour terminer, je reprendrais les quelques mots que le grand Bernard DATO a écrit sur Kaï Greene et son art du posing, et qui auraient pu seoir à merveille à Olivier :
« L'art du posing se joue ENTRE les poses »… « Les poses, les imposées et leurs variantes, on les connait toutes mais la question est de savoir COMMENT on bouge entre deux poses.