Au premier abord, le résultat obtenu est mi-figue mi-raisin. Procéder à un reboot complet et réécrire une partie de l’histoire, s’affranchissant ainsi du passé et donner un sacré punch en donnant plus de vigueur, voire de violence pour être plus en accord avec le monde moderne, cette gageure est un point positif du Man of Steel, tout en respectant les canons créés par le duo Joe Shuster/Jerry Siegel et nombre de bédéastes qui ont imaginés les aventures de Superman au
fil des années. C’est plutôt au niveau du scénario que cela coince un peu, celui étant un parfait décalque de … Batman Begins, comme c’est drôle ! David S. Goyer, préposé au scénario sous la houlette de Christophe Nolan, ne s’est pas trop foulé en adoptant la même construction : une première partie initiatique et découverte des pouvoirs, une seconde partie plus remuante avec coups de théâtre et affrontements titanesques. Si pour la première partie, on
retiendra surtout un prologue kryptonien de toute beauté et l’interprétation solide et sensible du couple Kent par Kevin Costner et Diane Lane, la gestion du récit avec ses flash-back récurrents arrivent plus à casser le rythme qu’à nous intéresser au destin du jeune Kal-El alias Clark Kent dans sa quête d’identité. Très bien servi par la prestation de Henry Cavill qui réussit à faire transparaître une forme de fragilité tout en assurant par son physique les
quelques premiers exploits qu’il est amené à effectuer, celui-ci perd de son intérêt dès qu’il revêt son costume bleu et sa cape rouge pour en découdre avec le général Zod et sa bande de félons de Krypton. La césure entre un premier chapitre à la tonalité presque introspective, au un symbolisme religieux bien marqué, et un second qui opte pour la casse et la destruction massive est d’autant mal négociée que l’empathie nécessaire pour frissonner au
plus près des personnages n’a pas été suffisamment développée.