Pour en revenir à l’utilité des mouvements globaux dans une optique de développement de la masse musculaire par rapport au recours systématique au travail sur machines, j’utiliserais l’image suivante : pensez-vous qu’un sprinter utilise une machine spéciale pour se positionner dans les starting blocks, et que cette « machine miracle » le propulsera sur la ligne d’arrivée ?
Evidemment, la réponse est non ! Pour atteindre son objectif et gagner, le sprinter devra maîtriser les bases de travail de sa technique, améliorer sa coordination, accroître sa souplesse et sa puissance …
En clair, il ne gagnera pas son 100 mètres s’il ne maîtrise pas les fondamentaux !
Soulignons ici que l’apprentissage des mouvements globaux passe obligatoirement par un travail de proprioception.
La « PROPRIOCEPTION », c’est la perception de soi-même, donc la conscience de l’équilibre musculo-squelettique, de la position des différents membres, de leur tonicité, lors de l’exécution d’un exercice, sans que l’individu n’éprouve le besoin de vérifier avec ses yeux.
Tout l’intérêt de cette approche proprioceptive, qui va automatiquement rassembler un maximum de connexions, c’est d’optimiser la performance dans un exercice choisi, en améliorant la stabilité et la coordination, en réduisant les risques de traumatismes et de blessures, ce qui permet de gagner en force.Prenons l’exemple d’un squat barre libre nuque, voici un florilège des prétextes régulièrement invoqués dans les salles :
« le squat, pour mon dost, c’est dangereux ! », « pour mes genoux, c’est trop risqué ! », « ça va élargir ma taille ! », … Mais surtout, parce que squatter est bien plus fatiguant que de s’asseoir dans une presse : « Le squat, c’est épuisant, il fait trop chaud aujourd’hui ! » … En réalité, un squat correctement exécuté n’est pas dangereux (sauf contre-indications médicales évidemment ) ; c’est même un mouvement extrêmement « rentable » !
Car, nous l’avons vu précédemment, ce mouvement global mobilise intensément toute une chaîne musculaire dans une coordination parfaite, en combinant le travail de plusieurs groupes musculaires (moteurs, synergiques et stabilisateurs) pour réaliser efficacement le mouvement.
Alors oui, concédons-le, exécuter un squat est bien plus difficile que d’utiliser une presse à cuisses inclinée … Mais aussi bien plus « productif » !